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Étude de cas

Des biodéchets au gaz vert : rendre la boucle lisible

Un cycle complet de méthanisation raconté en une minute, pour un public qui découvre le sujet sur un stand de festival et sur son fil d’actualité.

Client
GRDF Ouest
Projet
Biodéchets et gaz vert dans les festivals
Format
Environ 60 secondes
Aperçu de la vidéo : Biodéchets et gaz vert dans les festivals

Le contexte

GRDF Ouest accompagne une tournée de festivals réunis sous une même mention : « événement engagé gaz vert ». Sur chaque site, le dispositif est le même. Les biodéchets de la restauration, village et festival compris, sont triés à la source puis dirigés vers une unité de méthanisation où ils deviennent du gaz renouvelable. Ce qui a été mangé pendant trois jours repart dans le réseau.

La demande était de valoriser ce qui avait été réalisé la saison précédente sur l’ensemble des festivals, et de sensibiliser le public à cette démarche. La diffusion prévue était essentiellement sociale, Facebook et LinkedIn, en complément d’une présence physique sur les sites.

Ce point de diffusion change tout. Il ne s’agissait pas d’une vidéo institutionnelle projetée devant un public assis et attentif, mais d’un objet qui devait survivre au défilement, souvent sans le son, devant deux audiences très différentes : des festivaliers qui ne cherchaient pas l’information, et un écosystème professionnel d’organisateurs, de collectivités et de partenaires qui, lui, sait déjà de quoi on parle.

La difficulté de vulgarisation

Trois obstacles, dans l’ordre où ils se présentent au spectateur.

Le premier est lexical. « Gaz vert » sonne comme une contradiction. Dans l’imaginaire commun, le gaz est fossile. Si la vidéo ne lève pas cette objection dans les toutes premières secondes, tout ce qui suit est reçu comme un argumentaire de communication, et le sujet est perdu.

Le deuxième est physique. La boucle est longue et entièrement invisible depuis un festival. Entre une assiette et une molécule de méthane injectée dans le réseau, il y a une collecte, un transport, un site de méthanisation, un temps de digestion, une épuration, une injection. Aucune de ces étapes ne se voit sur place. Le spectateur est donc invité à croire à un lien de cause à effet dont il ne peut observer aucun maillon.

Le troisième est un problème d’échelle. Le geste demandé est minuscule, jeter ses restes dans le bon bac, et l’effet annoncé est très grand, produire de l’énergie renouvelable. Ce genre d’écart déclenche mécaniquement du doute.

Notre réponse a été de renoncer à expliquer la méthanisation. Le sujet de la vidéo n’est pas un procédé, c’est un trajet de matière. On suit quelque chose qui part d’une assiette et qui revient sous une autre forme. Le critère de réussite que nous nous sommes fixé était simple : à la fin, un festivalier doit pouvoir dire à son voisin « ce que je jette ici, ça devient du gaz », et le croire. Pas expliquer comment. Le croire.

C’est une distinction utile pour ce type de sujet grand public. Vulgariser ne consiste pas toujours à transmettre un procédé, il s’agit souvent de rendre crédible une relation entre deux faits éloignés. La précision technique sert alors la crédibilité, elle n’est pas le message.

Les partis pris

Commencer par le festivalier, pas par l’usine

La vidéo s’ouvre sur ce que le spectateur reconnaît : un site, une zone de restauration, un bac de tri. L’unité de méthanisation n’arrive qu’ensuite, une fois que le point de départ est acquis. L’inverse, ouvrir sur l’équipement industriel, aurait été plus spectaculaire et aurait immédiatement classé le sujet dans la catégorie « ça ne me concerne pas ».

Une boucle qui se referme réellement à l’écran

Une seule figure porte tout le film : le mouvement circulaire. Le digestat, ce qui reste après la production de gaz et qui retourne aux sols agricoles, a été conservé, en une image, parce que c’est lui qui ferme la boucle et qui montre que rien n’est perdu en route. La biologie de la méthanisation, en revanche, a été retirée intégralement. Elle est passionnante et elle n’aide personne ici.

Un point d’arrivée que l’on peut voir

Le gaz injecté dans le réseau reste une abstraction. Le gaz qui fait rouler un véhicule, non. Montrer un usage final concret donne à la boucle une destination observable, et cela rejoint la partie mobilité du dispositif porté par les équipes BioGNV sur ces mêmes événements.

Compréhensible sans le son

Sur Facebook, une vidéo démarre muette. Le sens devait donc être porté par le mouvement et par le texte à l’écran, la voix off apportant la nuance et le liant, jamais l’information indispensable. Le test appliqué à chaque version : couper le son et vérifier que la boucle reste lisible. Le travail sonore, lui, fait le reste du travail, il donne le rythme et marque les étapes du trajet, ce qui évite d’avoir à les nommer une par une.

Sensibiliser sans culpabiliser

Le public était en festival, pas en réunion publique. Un registre moralisateur aurait produit l’effet inverse de celui recherché. Le ton retenu valorise ce que les festivaliers ont déjà fait la saison précédente plutôt que de leur dire ce qu’ils devraient faire.

Ce que nous avons volontairement laissé de côté

Les tonnages, les rendements, les volumes exprimés en kilowattheures, le cadre réglementaire du tri à la source des biodéchets. Ces éléments ont de la valeur pour un public professionnel, et aucune pour quelqu’un qui regarde vingt secondes entre deux concerts. Ils n’ont pas disparu du dispositif pour autant : ils ont trouvé leur place sur les panneaux pédagogiques du stand, où une personne est présente pour répondre. Une vidéo courte ne peut pas porter deux niveaux de lecture à la fois, mais un dispositif complet le peut très bien.

Le résultat

Une vidéo d’environ une minute, diffusée principalement sur les réseaux sociaux, où elle a bien fonctionné d’après le retour du client. Elle s’intègre dans un dispositif plus large déployé sur chaque site : un stand animé au village, des panneaux pédagogiques expliquant le lien entre les biodéchets du festival et leur valorisation en gaz vert, des animations, et sur un site une fresque réalisée avec des jeunes du territoire.

Un effet secondaire, prévu dès le cadrage : la vidéo ne mentionne aucune date ni aucune édition. Elle reste donc utilisable d’une saison à l’autre et sur des sites différents, ce qui est rarement le cas des contenus produits pour un événement.

Le point à retenir pour une structure qui communique sur la transition énergétique auprès du grand public : la difficulté n’est pas d’expliquer un procédé, elle est de rendre crédible un lien de cause à effet entre un geste ordinaire et un résultat industriel. Une fois ce lien admis, le public est disponible pour le détail. Tant qu’il ne l’est pas, aucun chiffre ne sert.

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